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J.O. :

 le rêve à tout prix !

Pour l’ouverture des Jeux Olympiques de Tokyo, Le Parisien et Aujourd’hui en France n’ont pas résisté. Par une sorte de réflexe pavlovien, ils ont ressorti encore une fois (le 23 juillet) la formule-clé du titre d’un journal dans le domaine du sport : « Faites-nous rêver ! »

jeux olympiques
Ce type de phrase encombre la « Une » de L’Equipe depuis des décennies, avant des matchs de quelque importance et toute grande compétition, notamment de rugby mais surtout de foot. « Faites-nous rêver ! ». Cette fois, la formulation est en même temps compréhensible -les Français en ont marre du Covid, donc il faut se détendre- et sinistre. 

Comme nous le faisons et le ferons encore souvent sur ce site, nous ne donnerons pas toutes les réponses d’un seul coup -à supposer que nous les ayons…- et en un seul article. Sur certains sujets plus complexes que d’autres, deux textes au moins seront nécessaires pour parvenir à une ébauche de compréhension de l’ensemble, après le mûrissement, le temps de la réflexion

Le rêve mis à toutes les sauces 

Pour notre sujet du jour, donc, ce qui compte c’est de rêver. Mais qu’est-ce que rêver ? Qu’est-ce que le rêve ? Ce que veulent dire ces titres répétés jusqu’à l’écœurement, c’est d’abord que le sport est là pour nous faire penser à autre chose que la souvent sordide (ou au moins grise) réalité quotidienne et aussi que les téléspectateurs peuvent s’identifier pour un temps, vivre par procuration à travers des sortes de héros.

 

Pour autant, le rêve est-il sans rapport avec le réel, serait-il son contraire ? Et si c’était le cas, nous réconforterait-il des déboires que nous subissons dans la réalité ? « Faites-nous rêver », en 2021, en « Une » du Parisien, c’est paradoxalement faire comme si le Covid n’existait pas. C’est toujours le même titre en somme, que la vie quotidienne soit ordinairement difficile -le patron insupportable, les fins de mois impossibles, les problèmes familiaux et sociaux lancinants…- ou que le monde entier soit couvert de millions de morts dus à une pandémie. Enfin, que les J.O. aient commencé contre l’avis des Japonais et sans public. « Faites-nous rêver ! ».

 

Le comptage des médailles, ce fléau… 

Les sept pages consacrées aux Jeux Olympiques dans les deux journaux cités nous parlent, encore et toujours, des chances françaises et du nombre de médailles espérées. Triomphe du nationalisme pour une manifestation qui est, au moins théoriquement, son exact contraire (l’« idéal olympique »). Ce comptage des médailles est particulièrement crispant quand on sait que des athlètes ont déclaré forfait, que les préparations des sportifs/tives ont été perturbées, enfin que de nombreux éléments habituels sont absents (ambiance, public...). Des compétitions en partie faussées, donc.

 

Mais une certaine presse « populaire » française, elle, ne bouge pas d’un cil. Remettez-nous ça, s’il vous plaît, jusqu’à la fin du monde, même si les J.O. sont cette lugubre célébration de quinze jours de « fête », au milieu de stades et gymnases vides, avec tout au bout de ce simulacre le rêve « heureux » (46 médailles) ou le cauchemar immonde (31 médailles !). Et encore et toujours, le Covid

3 août 2021
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